Hyperclean distille une pop référencée (sixties millésimée, entre autre), en y collant des textes naïfs ou déjantés, surréalistes à souhait. Le contraste entre la légèreté de certaines mélodies (comme sur le premier titre, "Hyperclean") et le côté sexy des textes a un côté gainsbourien absolument délicieux. "Pistolet" est construit comme un "London Calling" popisant (avec cavalcades pianistiques et tout le toutim) à textes crypto-réactionnaires assez rigolos. "Prison", qui fait très Gainsbourg, tout en la-la-la et orgue farfisa. Le groupe lâche toutes ses obsessions sur la bande (la pop ligne claire, la soul, la dimension théâtrale dans le rock, le surréalisme et l'humour) dans ce joyeux premier album. Le morceau "Je danserai avec toi" est représentatif de ce mélange : Débutant comme "7ème rue" de Zézé Mago, ils partent ensuite sur une rythmique ternaire pleine de soul, pour finir en rock gorgé d'écho dans les voix. C'est un disque du matin, du réveil, dont la dimension poétique se révèle après plusieurs écoutes. Il m'évoque, au niveau de la démarche, et bien que trente ans les séparent, les premiers disques d'Au Bonheur des Dames ("Twist", notamment, ce chef d'œuvre des seventies), dans lesquels ce groupe d'esthètes balançait des textes hilarants sur des mélodies immortelles. Humour qui masque une certaine nostalgie pour ce qu'il est coutume d'appeler l'âge d'or de la musique pop. Il y a dans cet album très réussi, un goût de paradis perdu.
Frédéric Antona
juin 2005
(je dancerai avec toi, tout nu dans tes bras.............ma petite téte de fraise)
